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A quoi bon la culture ?
Le texte prétexte d' Etienne Barilier en ligne ici :
"A quoi bon la culture ? " ( Etienne Barilier )
Extraits à commenter :
Au fur et à mesure que des envies de commentaire du texte de Barilier où de certains extraits de ce texte suggèrent à chacun des réactions écrites, vous pouvez les placer ici ( ou le titre de ce commentaire s'il renvoie à un développement assez long )
( Il sera toujours possible par la suite d'en réorganiser l'ordre chronologique )
Extrait 1. ( Choisi par Armand ) ( La culture, soeur de la liberté )
"Une valeur ne se démontre pas, elle se choisit. À la question : « À quoi bon la culture ? », j’aurais pu ajouter, au choix : « À quoi bon la liberté ? », ou même : « À quoi bon la bonté ? ». Ce n’est pas seulement la culture qui ne peut prouver sa propre utilité, c’est l’homme tout entier qui ne peut se prouver à lui-même sa propre nécessité.
Autrement dit, le problème de la culture, si vaste soit-il, n’est qu’un cas particulier d’un problème plus vaste encore, celui de la définition que l’homme entend donner de lui-même, du choix que l’homme entend faire de lui-même. La « culture » est un choix toujours révocable. Mais la liberté aussi, la bonté aussi, l’homme aussi. Ce qui est spécifiquement humain, c’est ce qui est toujours discutable et contestable par l’homme même.
Il faut rappeler pourquoi, parce que c’est très important, et parce que cela nous conduit directement au rôle de l’école. Ainsi que le soulignait Hannah Arendt, l’homme est un être inachevé ; inachevé comme espèce et comme individu. ...
... Et c'est d'ailleurs parce qu'ils ne sont pas innés, pas nécessaires naturellement, que la culture, ou la liberté, peuvent à tout moment être mis en question ."
Remarque : Si l'être humain peut être considéré comme un être "inachevé" ( ou suivant Rousseau , doté de "perfectibilité" ) , ce n'est pas cet inachèvement comme tel qui le distingue véritablement des autres animaux , ni des autres réalités physiques en général : nous pouvons dire aujourd'hui aussi que l' univers tout entier est "inachevé" , que le processus de l' évolution du vivant est "inachevé" , etc.
C'est seulement dans une vision d'un univers ou d'une nature "fixe" que l'homme pouvait apparaître comme une relative exception par son "inachèvement" .
C'est alors plutôt par sa décision , son choix de se considérer comme inachevé et de se donner lui-même les "fins" de ses prolongements de cet inachèvement, que l' homme , s'il fait ce choix, ou les hommes qui font ou feront ce choix, se définissent eux-mêmes comme des êtres "inachevés" désormais collectivement responsables de leurs propres et multiples pistes d' "achèvement" partiels maintenant ouvertes "à jamais" la création d'autres futurs possibles.